Prof.
CHOULAMANY CHANTHARAVADY (UNL)
Objectif :
Fournir
les soins de santé mentale à la population souffrant de maladies mentales au
Laos.
Approches
spécifiques :
Les
deux types de soins de santé mentale offerts à l’Unité de Santé Mentale sont
l’hospitalisation classique et la prise en charge ambulatoire dans les
consultations.
L’hospitalisation
est destinée aux patients mentaux aigus.
La durée moyenne de l’hospitalisation est de deux à trois semaines. Un des membres de la famille du patient est
autorisé à rester dans l’Unité de Santé Mentale avec le patient, ceci en raison
d’habitudes culturelles, on veille à ce que quelqu’un tienne compagnie au
malade dans un service qui ne bénéficie pas d’une bonne disposition.
Une
fois stabilisé, et le plan thérapeutique établi, le patient retourne dans sa
communauté mais il est invité à revenir en structure ambulatoire, à la
consultation psychiatrique, à raison d’une fois par semaine pour le suivi
médical, la prescription médicamenteuse et la psychothérapie. Le patient est alors accompagné, bien sûr,
de sa famille.
Les
patients présentant des troubles psychiatriques mineurs ou de simples problèmes
psychologiques s’adressent immédiatement à la structure ambulatoire où ils sont
reçus, une fois par semaine, accompagnés également de leur famille.
Les
prise en charge spécifiques à temps partiel en centre d’accueil thérapeutique,
ou à temps complet en appartement thérapeutique avec accueil familial,
n’existent pas au Laos.
Il faut
insister sur le fait que la participation familiale dans les traitements est
très utilisée au Laos.
L’Unité de Santé Mentale de l’hôpital Mahosot à Vientiane est l’endroit unique, composé de 15 lits, consacrés aux soins de santé mentale offerts à toute la population laotienne.
Pour
rappel, le Laos s’étend sur un territoire de 231.000 km2 et
rassemble 5,1 millions d’habitants.
L’Unité
est localisée au niveau central et est considérée comme le service tertiaire
spécialisé même s’il est encore dans un état précaire.
Le
système de soins de santé mentale au Laos n’est pas très développé en ce qui
concerne les facilités en matière de soins primaires et secondaires. L’expérience nous manque cruellement en
matière de soins de santé mentale communautaire. Il faut reconnaître que dans l’état actuel des choses, le système
de soins est mal organisé et souffre d’un financement insuffisant.
Le
manque de ressources humaines pour les soins de santé mentale au Laos est incontestable. Le personnel de santé mentale est
particulièrement limité : il ne se
compose que de deux psychiatres qui ne sont secondés par aucune infirmière
spécialisée en psychiatrie. L’équipe
est heureusement complété par un neurologue, trois médecins généralistes et
huit infirmières.
Les
moyens de recherches, comme les médicaments, sont encore tout à fait
insuffisants.
Les
patients doivent prendre eux-mêmes en charge les frais de leurs traitements qui
représentent un coût extrêmement élevé.
L’Unité
de Santé Mentale présente l’avantage d’être une petite unité placée sous
l’ombrelle de l’hôpital général Mahosot qui est l’hôpital central du pays.
La
collaboration du personnel de santé mentale est très satisfaisante et la participation
des familles dans la structure de soins de santé mentale s’avère très utile.
Même
si les prestations de soins de santé mentale sont considérées comme
relativement satisfaisantes, elles pourraient malgré tout être améliorées.
Le
système actuel de soins de santé mentale est assez adéquat et pourrait être
adapté pour fournir davantage de soins de santé mentale à la population. Pour cela, il faudrait intégrer la santé
mentale dans les systèmes de soins primaires nationaux. La communauté doit avoir accès aux soins de
santé mentale pour la prise en charge des épisodes aigus. La population doit avoir également accès aux
soins communautaires. Il convient donc
d’envisager la décentralisation en matière de soins de santé mentale au niveau
communautaire.
Le
financement des soins de santé mentale communautaires pour tous ceux qui en ont
besoin est un véritable défi pour le Laos.